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Je n'ai pas un rapport simple avec l'art contemporain. Beaucoup de choses me font (sou)rire, mais j'y vois rarement autre chose qu'un exercice plutôt vain et — accessoirement — surpayé. L'art contemporain ( Kapoor, Serra ) cache souvent sous la démesure un vide sidéral. Entre blague de potache ( Wim Delvoye, Jeff Koons ) et art décoratif recyclé ( Jan Fabre ). Certains y voient un questionnement métaphysique. C'est se moquer du monde. J'y ressens pour ma part une enflure creuse : quelque-chose comme un nouvel art pompier, promu d'ailleurs par la même bourgeoisie d'argent (François Pinault et tutti quanti) que l'autre.

Voilà, j'ai fait mon coming out. Quand je pense que mes amis croyaient que j'étais quelqu'un de respectable.

Tout autre est le travail de Louise Bourgeois, qui, au contraire, me semble d'une richesse et d'une inventivité explosives, à la fois émouvantes et intelligentes, même si elles s'appuient parfois trop lourdement sur un discours psychanalytique forcément daté. Mais après tout, la psychologie désuète de Proust — qu'il mettait au sommet de son art — ne nous empêche pas de continuer à le lire, parce que sa compréhension de l'âme humaine dépasse largement les idées qu'il s'en fait. C'est pareil pour Louise Bourgeois. Courez la voir, dès que l'occasion s'en présente. Elle en vaut la peine.

N.B. Je ne pense pas que les araignées géantes soient le meilleur de son œuvre. Mais c'est l'image qui la symbolise le mieux. Le matériau du dessinateur de presse est le parti-pris, l'a priori et l'à-peu-près.

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